On considère généralement qu'il existe deux phases dans l’histoire du costume. La première correspond à la période dite du costume impersonnel, des origines au XIVe siècle. S'ouvre ensuite celle du costume dit personnalisé À travers 10 000 ans d'histoire humaine, les modalités vestimentaires se réduisent à cinq archétypes :
Ces archétypes vestimentaires ont pu être mélangés par la suite au cours de l'histoire, mais ils ne se sont pas succédé dans le temps ; ils ont été inventés chacun dans leur région d'origine selon les habitudes et les manières de vivre des peuples qui les ont créés OrigineIl est encore difficile de déterminer si le costume précède ou non l'habillement (entendu comme port de vêtements circonstanciés selon leur utilité). Les Anciens, tels les grecs ou les chinois, ont pensé que l'Homme s'était vêtu pour se protéger du climat, tandis que la Bible comme les ethnologues nos contemporains ont évoqué des raisons psychologiques : la pudeur pour la première, les tabous et la magie pour les seconds. Les tribus habitant la Terre de Feu à l'extrême sud du continent américain au climat sub-arctique découverts quasiment nus, et enduits de graisse de phoque pour se garantir de la rigueur du climat, au début du XXe siècle, sembleraient donner raison tant à la Bible qu'aux chercheurs modernes. Sans doute les deux raisons évoquées ici ont eu autant d'importance et le costume a eu d'autres raisons qu'exclusivement utilitaires. Le désir de plaire n'a cependant dû intervenir qu'assez tardivement, se vêtir, outre aux motivations strictement utilitaires, eut probablement avant tout des raisons magico-religi
Le costume durant la Préhistoire
Les vêtements de cuir ou de fourrure ont probablement été les premiers à avoir été portés. Dès le Paléolithique moyen, au Moustérien, le travail du cuir est attesté par les analyses tracéologiques des outils de pierre taillée. Au Paléolithique supérieur, des courants d'échange ont pu être mise en évidence pour le silex mais aussi pour l'ambre et les coquillages, témoignant du goût pour la parure. Au Solutréen (- 22 à - 17 000 ans BP), les premières aiguilles à chas en os témoignent de techniques de couture élaborées. L'habillement durant les périodes froides du Paléolithique supérieur était peut-être analogue à celui des Eskimos. Dans les pays chauds et tempérés, les hommes furent plus ornés que vêtus. Les peaux et pelleteries furent cependant également utilisées, sans doute davantage pour servir de cache-sexe que de protection. Ce pagne originel perdurera pendant des millénaires, en tissu par la suite. L'ornementation, tant dans les zones froides que tempérées ou chaudes, avait certainement pour origine des raisons spirituelles : préciser le statut d'un individu (marié ou célibataire), sa classification tribale, séduire en attirant la sympathie. Les raisons magico-religieuses devaient également avoir une grande importance : porter certains attributs équivaut à s'identifier à un animal, totem du clan, ou à un dieu. Très tôt, le costume a donc eu pour but d'exprimer et de manifester des sentiments : correspondant à une certaine puissance il sert à exprimer une certaine richesse. La puissance et la richesse se confondant, le costume indique la caste et la fortune, le rang social et l'autorité. Le tissage dut apparaître dans les zones tempérées sur le modèle de la vannerie à partir de matières végétales dès le Néolithique. Les tissus primitifs étaient de très petite dimension. Des bandes étroites étaient cousues ensemble pour constituer un vêtement. Au fur et à mesure que les métiers à tisser se perfectionneront, les pièces de tissus deviendront plus grandes. La peinture corporelle (comme chez les aborigènes australiens) devait tenir une part importante du costume en tant qu'ornementation. On sait que l'ocre rouge fut très utilisée durant pratiquement tout le Paléolithique où elle est aussi universelle qu'omniprésente (la terre rouge est présente dans la plupart des sépultures), un peu moins au Néolithique. Les couleurs utilisées qu'on a pu identifier à partir de l'Aurignacien sont le jaune, le rouge et le mauve qui apparaissent aussi bien en Afrique du nord qu'en Europe septentrionale. Les colorants utilisés pour les teintures à partir du Néolithique étaient principalement extraites des plantes : les bleus étaient obtenus à partir de l'aulne ou du sureau, les mauves des myrtilles, le jaune du réséda. Les terres servaient pour les ocres.
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